Réponse au questionnaire adressé par Emglev Bro An Oriant :
Propos introductifs
Tout d’abord, il me semble important que rappeler que la culture bretonne vient enrichir la diversité culturelle nationale contribuant ainsi à l’attractivité de la France. C’est pourquoi, au XXIè siècle, il me paraît incompréhensible que l’Etat français refuse encore de procéder à la modification de la constitution lui permettant de ratifier la charte européenne des Langues et Cultures minoritaires.
La culture bretonne est un important facteur identitaire. Vivante et innovante, elle est même devenue un ambassadeur de notre économie régionale.
Les propositions de la Liste « Pour Lorient, une nouvelle ambition » / « Ur youl nevez evit an oriant » :
1) Appliquer de façon soutenue la Charte « ya d’ar Brezonheg »
Depuis longtemps déjà, la ville de Lorient a engagé de nombreuses actions pour promouvoir la langue et la culture bretonne : signalétique bilingue, utilisation du breton dans plusieurs outils de communication de la ville…. Cet engagement l’a conduit naturellement à signer en janvier 2007 la Charte « Ya d’ar Brezhoneg ».
A ce jour, plus de 17 actions sur les 28 prévues dans la charte sont totalement ou partiellement réalisées.
Bien entendu, nous engageons à appliquer de façon soutenue la Charte et renforcer les dispositifs existants pour que chaque pratiquant de la langue bretonne ait diverses occasions de pratiquer ou de lire cette langue dans la vie de tous les jours.
2) Promouvoir l’enseignement et la pratique de la langue bretonne
En ce qui concerne l’éducation, je souhaite que Lorient réaffirme le soutien à l’école Diwan (tout en déplorant le recul de l’Etat sur la question de l’intégration de l’école Diwan à l’Education Nationale) et le bilinguisme (breton/français) pour que cet enseignement accède rapidement au niveau collège.
Les centres de loisirs sont, à Lorient, gérés par le secteur associatif. Nous encouragerons les initiatives associatives permettant de diffuser la langue et la culture bretonne.
3) Evaluer l’impact du désengagement de l’Etat et définir les moyens d’actions possibles
Le secteur associatif connait un recul grandissant des aides de l’Etat et une disparition des emplois aidés. Les associations jouent un rôle important car elles contribuent à faire vivre et connaître la culture et la langue bretonne depuis des décennies.
Je m’engage avec mon équipe à évaluer l’impact du retrait de l’Etat et apprécier les moyens d’action possibles.
4) Conforter notre soutien à une culture régionale vivante
En ce qui concerne la politique culturelle, nous nous engageons à ce que nos équipements accordent une large part à la création contemporaine de qualité dans laquelle les artistes régionaux ont toute leur place pour renforcer la diversité de la programmation.
D’ores et déjà, nous disposons d’un espace régional à la médiathèque, de l’Ecole Nationale de Musique et de Danse avec son département musiques traditionnelles et son partenariat avec le Bagad de Lorient. Le Grand Théâtre diffuse des spectacles produits par le Festival Interceltique et accueille régulièrement avec le CDDB, des compagnies de danse ou d’art dramatique vivant en Bretagne.
Notre projet culturel pour demain s’appuie sur la volonté d’élargir l’accès à la culture en :
- mettant en place un observatoire des pratiques
- réaffirmant le principe d’éducation à la culture
- accompagnant l’ouverture d’ateliers d’artistes
- adaptant notre politique tarifaire
- soutenant le développement de la culture scientifique et technique
- affirmant notre soutien à une culture régionale
et de conforter une culture créative et vivante en :
- favorisant les initiatives fédératrices autour de projets culturels, notamment le Festival Interceltique
- valorisant notre patrimoine
- soutenant le développement des pratiques amateurs
- créant un nouvel équipement de proximité à Kervénanec
- créant une salle pour les musiques actuelles
- développant les échanges et coopérations entre équipements culturels
- soutenant les nouvelles formes de pratiques artistiques et culturelles,
Notre projet prévoit donc que la culture bretonne occupe pleinement sa place, dans tous les secteurs lui permettant de rencontrer le public.
5) Proposer des formations pour les agents volontaires
A la ville de Lorient nous avons toujours accordé une importance à la formation continue, gage de qualité du service public.
Le plan de formation de la collectivité prend en compte les besoins des services pour améliorer la « performance » du service, mais également la volonté personnelle des agents. Sur la base du volontariat, la formation à la culture bretonne pourrait enrichir le plan de formation.
Pour ma part, je suis également favorable aux initiatives permettant d’améliorer la connaissance de l’histoire de la Bretagne qui n’est pas enseignée par l’Education Nationale car elle peut contribuer au développement de la culture et de la langue. Je pense que l’UBS peut, entre autre, jouer un rôle sur ce sujet.
6) Créer une commission « extra-municipale »
Enfin, la création d’une « commission extra-municipale », ou tout autre groupe de réflexion adapté, relève de la volonté de démocratie participative que j’ai engagée. Je propose dans mon programme de conforter cette démarche. C’est pourquoi je trouve l’idée de cette commission thématique intéressante car elle pourrait, entre autre, permettre de réaliser une évaluation précise des actions menées.
Je conclurai ce propos en rappelant que le soutien à la langue et la culture bretonne est déjà une réalité à Lorient. Le projet « Deomp-ni d’ober hon dazont » porté par la liste que je conduis, permettra à la ville de poursuivre et amplifier son action pour favoriser le développement d’une culture régionale de qualité, créative, innovante et partagée.
Norbert METAIRIE